29 novembre 2006
Fiche de lecture 1. Bibliothèques numériques.
Notice bibliographique : LE CROSNIER, Hervé. Bibliothèques numérique [en ligne]. Enjeux de mots. C&F Editions, 2005.
Disponible sur : http://www.vecam.org/article.php3?id_article=625&nemo=edm (dernière consultation le 18/11/2006)
Mots-clefs : bibliothèque numérique ; conservation ; mise à dispostion ; accès au savoir ; archivages du web ; moteurs de recherche.
Auteur : Hervé Le Crosnier. Cet auteur est l’homme qui a créé la liste de diffusion BIBLIO-FR. Il est aussi maître de conférence à l’Université de Caen. Il y enseigne les technologies de l’internet, depuis 1995. Ses recherches portent principalement sur l’impact du développement de l’internet sur la société.
Ce texte est extrait d'un livre du nom de Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l'information. Il est publié chez C & F Editions, et coordonné par trois auteurs ; Alain Ambrosi, Valérie Peugeot et Daniel Pimienta.
Résumé de l'article :
A travers ce texte, l’auteur met en exergue la place nouvelle qu’occupent les bibliothèques. Il insiste sur le fait qu’une bibliothèque garde sa place fondamentale face à l’explosion de l’information, via le net. La conservation, la mise à disposition, l’accès au savoir, sont aussi des thématiques propres aux bibliothèques numériques autant que des bibliothèques dites plus traditionnelles.
Il insiste d’ailleurs sur les missions des bibliothèques traditionnelles. La conservation comme témoin pour les prochaines générations ; l’organisation ou classification pour le repérage des documents ; l’échange et l’importance de la disponibilité afin que chaque utilisateur puisse consulter les documents qu’il désire. Non seulement il peut le faire sur place, c'est-à-dire dans la bibliothèque même où il emprunte un livre, mais il peut aussi le faire par l’intermédiaire du réseau des bibliothèques. Ce réseau existait depuis longtemps, sous forme de catalogue collectif pour garantir l’Accès Universel aux Publications. Mais dès l’utilisation des ordinateurs en bibliothèques, les professionnels ont réuni ces informations pour créer des « banques de données ».
A travers ses lectures, l’auteur insiste sur le fait qu’une bibliothèque numérique ne se limite pas à une collection numérisée, mais engendre tout un travail autour de l’information et la communication afin de satisfaire les besoins des utilisateurs.
Il insiste ensuite sur le fait que les bibliothèques numériques sont des bibliothèques multimédia. C'est-à-dire qu’elles ne proposent pas que des documents écrits, mais tout un catalogue d’œuvres dans des formats diversifiés. Ainsi, l’usage de l’informatique pour les bibliothèques s’ouvre de plus en plus à différentes techniques pour la lisibilité de tous types de documents.
En plus des documents imprimés à numériser, il y a aussi les documents audio-visuels, mais aussi des documents qui sont d’emblée numériques, comme les sites web. Les bibliothèques se sont aussi posé la question de la conservation de ces derniers. C’est l’archivage du web.
L’auteur donne pour exemple la bibliothèque numérique de la Bibliothèque de France : Gallica qui recense environ 70 000 ouvrages du XIX° siècle, 80 000 images et des dizaines d’heures sonores. Il cite ensuite l’exemple de Google Print et rappelle que cette bibliothèque numérique se propose de numériser des ouvrages de cinq bibliothèques des Etats-Unis. Face à cette nouvelle donne, Gallica a répliqué avec un nouveau programme de numérisation à envergure européenne et multilingue. Hervé Le Crosnier, à travers ces deux exemples nous donne un point de vue sociologique de la numérisation à travers des enjeux économique et géopolitique. Ainsi, pour lui, le numérique doit cohabiter avec toutes les langues dans un idéal de paix dans le monde. Il cite pour appuyer son argument plusieurs exemples de numérisation ou en cours de numérisation, qui donneraient ainsi une autre allure au paysage numérique, une allure moins occidentale.
Mais il met aussi en garde contre la privatisation du domaine public et donne pour exemple Bill Gates et le Codex Leicester de Leonard de Vinci, dont il n’existe qu’une version numérique.
Hervé Le Crosnier revient ensuite à l’archivage du web à proprement parlé et aux questions diverses qui se posent dans ce domaine relativement récent. Ainsi, les professionnels se demandent quelle partie du web faut-il archiver, quels en sont les droits, comment reproduire le plus fidèlement possible un site web afin de donner une approche historique de l’évolution du web au lecteur de demain. Se pose aussi une question plus fondamentale, le web est-il fait pour être archivé ou est-il une simple fenêtre d’information qui évolue (comme la communication audio-visuelle) tels que de nouveaux outils comme les blogs, les podcasts, les wikis, semblent le prôner ? Et si oui, comment rendre disponible ce flux d’information afin qu’il reste lisible pour demain ?
L’auteur ensuite, nous propose deux stratégies pour retrouver les documents qui prolifèrent de plus en plus vite sur la toile.
Tout d’abord, la recherche qu’effectue bon nombre d’internautes, c'est-à-dire les moteurs de recherche tels que Google, Msn ou Yahoo !. Il insiste sur le fait que cette recherche est surtout fructueuse pour des recherches précises, mais qu’il est plus délicat d’avoir des résultats intéressants lorsqu’il s’agit de concepts. Car ces moteurs de recherche effectuent leurs quêtes sur le contenu des documents. Ce type de recherche est uniquement informatique.
Sa deuxième stratégie porte sur une recherche sémantique, par classification. On parle alors de langage documentaire. Ce type de recherche s’attarde elle, sur le sens, le concept des documents et requiert une intervention humaine.
Ces deux stratégies sont complémentaires, bien sûr, dans le sens où la première peut parfois comporter des erreurs (par exemple des erreurs de frappe dans la recherche ou même dans le document recherché), et la deuxième peut parfois être un peu sectaire (la classification du savoir étant pré-établie).
Pour réussir dans la recherche sur le net, il faut beaucoup d’investissement, d’acteurs afin de répondre aux besoins quels qu'ils soient et ordonnés par n’importe qui. Ainsi, des projets comme l’Open Directory Project ou la folksonomie permettent aux lecteurs de s’investir pour le classement des documents numériques. Et le rôle des bibliothèques numériques dans ce cadre serait de gérer tout ce flux de personnes, d’informations afin que les points de vue du monde entier soient respectés à leur juste valeur. Et ainsi, tenter de faire face au côté « médiatique » que valorisent les moteurs de recherche cités plus haut, c'est-à-dire qu’une page sera connue du grand public lorsqu’elle sera le plus visitée, c'est-à-dire le plus référencée (par un système de liens) et les pages moins connues, resteront inconnues pour la plupart des lecteurs, ce qui engendre une information partiale.
Hervé Le Crosnier fait ensuite un rappel sur les missions des bibliothèques en ce qui concerne le libre accès au savoir pour tous que ce soit sur place ou à domicile, et sur tous types de supports. Il insiste sur le fait que ces documents sont protégés par des lois, des droits, comme le copyright ou le droit d’auteur.
Mais en ce qui concerne les bibliothèques numériques, ces droits sont remis en cause. Et d’autres règles ou droits sont à respecter. Ainsi, on dénombre trois nouvelles « lois » que l’IFLA a relevé (International Federation of Library Associations) :
- Droit des bases de données, qui concerne la forme de la base de données et non les informations qu’elle contient.
- Les mesures techniques de protection afin d’empêcher les lecteurs d’utiliser les exceptions légales.
- Les licences non-négociables, qui concernent seulement les documents numériques et dont chacun est pourvu.
Il met ensuite en exergue le problème que certains pays ou certaines couches de la population peuvent avoir. En effet, tout le monde ne peut avoir un accès aux services de l’internet et aux documents numériques. Ainsi, l’IFLA, soutenue par d’autres bibliothécaires, constitue un « Traité pour le libre accès à la connaissance » afin que personne ne soit oublié pour le bien du monde.
Pour conclure cet article concernant les bibliothèques numériques, l’auteur s’intéresse aux trois enjeux des bibliothèques numériques qui lui semblent les plus importants pour en construire une. Le premier axe consiste à la conservation et la numérisation des documents, le deuxième à la recherche documentaire et enfin le troisième, l’accès au document.
Avis :
Cet article me semble très pertinent et très intéressant. Il soulève de nombreuses questions d’actualité propre autant au monde des bibliothèques qu'au monde de la numérisation ou à celui de l'internet. L’auteur donne une vision d’ensemble du fonctionnement des bibliothèques numériques et du questionnement qu'ont les professionnels sur le sujet.
Il ouvre des voies pour la réflexion qui m’ont interpellée. Ainsi, les questions qui se posent à l’heure actuelle envers les projets comme Google Print m’intéressent beaucoup.
De plus, je trouvais que commencer la lecture d’un texte comme celui-ci pour débuter était primordial pour moi. J’ai ainsi une vue générale sur les bibliothèques numériques d’un point de vue sociétal plutôt que technique, ce qui me convient tout à fait pour démarrer.
Grille d'analyse 1. Voyages en Italie.
Généralités
Nom de la collection : Gallica ; Voyages en Italie
URL : http://gallica.bnf.fr/VoyagesEnItalie/ (site consulté le 20/11/2006 avec le navigateur Mozilla Firefox)
Description rapide de la collection : Cette collection propose de découvrir l’Italie à travers les siècles, à travers tout le pays ; par des illustrations, des ouvrages d’auteurs français, belges ou suisses, présentés dans différents formats numériques.
Objectif de la collection : Gallica, à travers la consultation gratuite de sa collection sur l’Italie, propose au passionné ou au simple amateur, un voyage initiatique à valeur pédagogique.
Public visé : Tout public.
Caractéristiques du fonds
Description générale : Le fonds comporte 1809 documents, à la date de la dernière consultation (le 20/11/2006). Ce fonds se divise en cinq types de documents qui se divise ainsi : Cartes, plans et atlas (205 documents répertoriés) ; gravures, photographies et affiches (164 documents répertoriés) ; imprimés (1381 documents répertoriés) ; manuscrits (14 documents répertoriés) ; objets (45 documents répertoriés).
Chaque document est téléchargeable. Les images sont en format .jpg. Certaines, comme les plans ou les cartes peuvent s’agrandir, avec possibilité de zoomer, de dézoomer, de se déplacer à droite, à gauche, en haut et en bas. Quant aux imprimés et manuscrits, ils sont disponibles en format .pdf, avec possibilité d’affichage en plein écran et possibilité de reproduction avec formulaire (exemple sur un document imprimé tiré au hasard dans la collection )
Catalogage/indexation : Les notices des ouvrages imprimés et manuscrits ont une référence propre à la collection. Ils sont catalogués par auteur(s), titre et la publication qui intègre le lieu de l’édition, l’éditeur et l’année de la première publication. Pour l’indexation, on trouve un autre type de titre qui est propre à toute la collection sur l’Italie « Voyages en Italie », ainsi qu’une liste de mots-clefs appelée « sujets ». Sur la notice d’un document, il y a un lien direct pour accéder à la consultation dudit document.
Mode de recherche : Dans le menu en haut de la page affichée, on trouve une rubrique « recherche ». Nous pouvons saisir le titre, l’auteur, un mot notice. Pour les autres champs, il s’agit de menus déroulants : siècle, contexte de voyage, genre de document, type de document, type de voyageur. Il n'est bien sûr pas obligatoire de remplir tous les champs pour trouver un ou plusieurs documents. Il est aussi possible d’effectuer une troncature dans notre recherche afin d’avoir plus de réponses sur un sujet.
Il est intéressant de noter que la recherche sur cette collection est indépendante de celle que l’on peut effectuer sur la page d’accueil de Gallica. Ainsi, en faisant une recherche dans la collection « Voyages en Italie », nous n’aurons pas de réponses sur les autres collections proposées par Gallica. Cependant, en faisant une recherche sur la page d’accueil de Gallica, nous pouvons directement arriver sur la collection « Voyages en Italie » si les critères de notre recherche s’y réfèrent.
Les métadonnées : Les métadonnées sont peu renseignées sur les pages de navigation. Elles comportent seulement le titre de la collection « Voyages en Italie ». Sur les pages où s’affichent les documents, peu importe le format et le type, le titre diffère. En effet, le titre affiché est alors celui que porte le document lui-même.
Statut juridique des documents : Comme il l’est rappelé dans la présentation générale de Gallica, en sous rubrique « Les Droits », les documents sont libres de droits. Cependant, il est à noter que pour une reproduction du contenu du site, il faut l’autorisation de la Bibliothèque de France. En effet, elle est l’auteur du contenu intégral de Gallica.
Caractéristiques du site
Navigation générale : La navigation du site est bien organisée et simple. Un menu en haut permet de toujours revenir à une rubrique précise et des sous rubriques sont toujours affichées sur la gauche. En haut, à gauche, il est toujours possible de revenir sur la page d’accueil de la collection ou de retourner sur Gallica. De plus, si nous ne passons pas immédiatement par le moteur de recherche, nous pouvons lire les textes écrits par la BnF qui proposent des hypertextes, en exemple dans leur argumentation, et ainsi visionner un document. La visite du site est ainsi plus attractive.
Ainsi, nous pouvons découvrir ce voyage par un itinéraire thématique, un accès géographique (affichage d’une carte de l’Italie où nous pouvons cliquer sur une région ou une ville selon notre choix. Navigation assez ludique), ou encore découvrir l’Italie en images.
Ergonomie : Le visuel du site n’est pas agressif. Ses couleurs sont pastels et ainsi ne fatiguent pas l’œil.
Remarque : A l’heure actuelle, un projet est en train de naître avec un allié en Italie, le CIRVI qui travaille depuis 1978 sur l’histoire du voyage en Italie. Le CIRVI s’emploie à la mise en place d’un projet de numérisation et d'exposition virtuelle multilingue, qui pourra probablement être complémentaire du dossier déjà établi par la BnF.
Avis personnel
L’initiative de Gallica concernant ce « voyage en Italie » est remarquable. Le travail effectué semble très fin et très documenté. Le fonds ne semble pas être très important, par rapport à d’autres collections disponibles sur Gallica, mais semble être pertinent. Les capacités de recherche ainsi que les différents types de documents proposés sont multiples et variés.
Il est notable de remarquer que ce site s’adresse autant à un public amateur que passionné. Les deux peuvent être intéressés par la pertinence des documents, la lisibilité des annotations cohérentes ainsi que la facilité de déplacement sur le site.
Nous pouvons aussi noter qu’un contact peut s’établir avec la BnF en cas de problème, de suggestions ou remarques à soulever. Les auteurs du site sont donc ouverts à toute critique.
Présentation et accueil
Première note de ce blog qui concerne un travail effectué en cours de construction et diffusion d'une collection numérique. Ce travail consiste à rédiger huit fiches de lecture sur le sujet qui nous importe ici, ainsi qu'analyser huit collections numériques.
Ici, vous trouverez les liens directs vers mes fiches de lecture et mes grilles d'analyse au fur et à mesure que j'en ajouterai.
Bonne lecture,
Mathilde
Fiches de lecture :
Fiche 1 : Bibliothèques numériques.
Fiche 2 : La chaîne de traitement des documents numériques, caractéristiques et mise en oeuvre.
Fiche 3 : Les bibliothèques numériques : mémoire des sciences.
Fiche 4 : Les compétences requises pour la diffusion d'une collection numérique.
Fiche 6 : Société de l'information : quel impact juridique dans le domaine de la culture ?
Fiche 7 : Le futur de la bibliothèque - La bibliothèque du futur.
Fiche 8 : La numérisation, les enjeux de la numérisation.
Grilles d'analyse :
Grille 2 : Les enregistrements sonores.
Grille 3 : Cartes de la Commission Royale.
Grille 5 : Registres paroissiaux et d'état civil. Archives départementales de la Savoie.