27 décembre 2006
Fiche de lecture 3. Les bibliothèques numériques : mémoire des sciences.
Notice bibliographiques : FERCHAUD, Bernadette. La bibliothèque numérique : mémoire des sciences [en ligne]. Documentaliste - sciences de l'information, 2001, vol. 38, n° 1, p. 49-51. Disponible sur http://www.adbs.fr/uploads/docsi/1221_fr.pdf (dernière consultation le 27/12/2006)
Mots-clefs : bibliothèque numérique ; science ; recherche ; archivage ; pérennisation ; conservation ; consultation.
Auteur : Bernadette Ferchaud est auteur dans plusieurs revues professionnelles du type ADBS.
Résumé de l'article :
Cet article est une réflexion autour d’une journée d’étude organisée en 2001 par Ile de Science (association réunissant 26 établissements d’enseignement supérieur et de recherche du Sud de Paris). Cet article traite particulièrement du problème qui se pose sur la pérennité des bibliothèques numériques dans le domaine de la science, pour sa mémoire. En effet, c’est une inquiétude qui fait face à la courte vie des documents disponibles sur le Web ainsi que l’obsolescence rapide des documents numériques lié à leurs supports technologiques qui évoluent très vite.
Tout d’abord, les chercheurs ont tous une pratique différente dans leur consultation et leur conservation. Mais ils ont tous les mêmes genres d’interrogations. À savoir : quels documents conserver et comment ? Quelle sélection effectuer et sur quels critères ? Pendant combien de temps une information reste-t-elle précieuse ? A ce genre de questions, les chercheurs ne peuvent réellement répondre, mais il y a certaines actions à respecter. Ainsi, avant de penser à conserver un document, il faut penser, dès sa création au type d’accès qu’on lui réserve et si oui ou non on le met en ligne. C’est pourquoi les chercheurs doivent se tenir au courant des travaux des professionnels qui tentent de normaliser le document numérique.
Ensuite, pour l’archivage et la consultation, deux points sont mis en exergue : la migration (conversion dans des formats plus récents, au fur et à mesure de leur apparition) et l’émulation du matériel existant vers de nouveaux systèmes qui n’existent pas encore (en sauvegardant le logiciel de création et le système d’exploitation, grâce aux métadonnées).
La norme OAIS (Open Archival Information System) qui est un système d’archives ouvertes permet de penser à un archivage à long terme et donc à une pérennité des documents qui est indispensable dans ce domaine.
A noter que ce n’est pas le seul domaine qui demande à être archivé. Le Web lui-même demande à être archivé. Ainsi, des tentatives sont mises en place pour que les sites Web qui n’existent plus restent dans les mémoires des archives du Web.
D’autres initiatives sont en cours d’exploitation, comme la mise en ligne de thèse sur Internet à l’INRA.
L’auteur, ensuite, redéfinit la notion de document. En effet, d’après elle cette notion est complètement différente de celle du document papier. Pour le document numérique c’est encore relativement flou à définir et l’auteur parle de « fragments » significatifs (internes ou externes au document) qui, assemblés ensemble, forment un document numérique.
L’auteur fait un détour sur la technique peer to peer qui semble être appréciée par certains chercheurs. En effet, la rapidité des échanges et la simplicité semblent les séduire car elle semble bien adaptée aux informations non structurées. Mais c’est non seulement un système qui peut présenter des risques de manipulation (problème des virus) mais c’est aussi un système qui ne concerne pas l’archivage ou la pérennisation des documents, mais plutôt le partage des connaissances.
Face à la profusion des documents numériques et à ce problème de pérennisation, les différents acteurs : éditeurs, chercheurs, professionnels se demandent à qui revient le rôle d’assumer la conservation des documents numériques. S’agit-il du chercheur lui-même ? De son institution ? Du service de documentation ?
Il semblerait que les chercheurs ont une grande part dans la conservation, cependant, ils ne sont pas encore suffisamment sensibilisés aux nouvelles techniques. C’est pourquoi les professionnels doivent les aider.
Pour conclure cet article, l’auteur rappelle qu’il est urgent de prendre conscience de l’importance de la pérennisation des documents numériques si l’on ne veut pas le regretter plus tard. Le frein le plus important à cette activité semble être un problème financier. En effet, tout cela coûte cher et il y a une certaine peur de privatiser le savoir avec les entreprises privées qui commencent à envisager d’investir ce domaine. Mais l’auteur termine tout de même par un point positif, à savoir que la multiplication des interventions sur ce thème permettrait de faire bouger les choses plus rapidement.
Avis :
J’ai choisi cet article pour montrer un exemple précis des interrogations menées sur les bibliothèques numériques, le problème d’archivage qu’elles exposent au niveau de la pérennisation des documents, à un domaine précis : la science.
L’article date de quelques années, mais il est toujours intéressant de voir, je trouve, les interrogations qu’il y avait autour d’un problème et de constater maintenant l’évolution de ces mêmes interrogations, mais surtout de voir ce qui en a été tiré et de constater tout ce qui a été mis en place suite à ces questionnements. Par exemple, en 2001, archiver le Web n’était pas une chose courante. C’était en cours de réflexion et en essai.
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